Il y a deux ans et des poussières, je suis entrée dans le monde merveilleux du travail. Une formation de monteuse vidéo en poche, j’ai très vite eu l ‘envie d’être sur le terrain pour ensuite monter mes propres rushs.  Dans le web et la vidéo instit, ça se fait d’être polyvalent ! Et vu que j’ai de la chance, dans mon ancienne entreprise j’étais très très très bien entourée pour être formée. Un des avantages de cette première expérience pro : les collègues.

Alors avant de rentrer dans le vif du sujet je voulais d’abord remercier Slimane Berhoun et Thibault Farnoux, pour avoir eu la patience de m’apprendre les trucs et astuces du bon cadreur :) Parfois les bons réalisateurs mériteraient tellement plus de considération, parfois les employeurs ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont !

Une des choses que Slim et Thib m’ont apprises : l’importance de soigner ses transitions en vidéo ! Et cela, ça se réfléchit sur le tournage. De bonnes transitions donneront de la fluidité au montage, comme si la caméra ne cessait de filmer, comme si chaque plan était lié. Ce qui permet de varier du cut et du fondu, et de garder le spectateur en éveil.

Pensez votre vidéo à l’avance, cherchez à raconter une histoire, et variez votre façon de monter vos rushs : trop de cuts tue le cut, trop de transitions tue la transition ! Faites-vous un petit découpage technique, au moins dans la tête.

La transition raconte une histoire aussi : un flou de filet pourra sous-entendre un saut dans le passé ou le futur, un fondu sera une ellipse,  un zoom attirera l’attention sur un détail…

Quelques exemples grâce à une vidéo que j’ai pu réaliser sur Paris :

- Là vous avez une transition en zoom :

transition en zoom, flou de filet au hdslr

L’un des plans se finit en zoom avant, raccordé au plan suivant qui commence en zoom avant. Servez-vous du flou de filet pour transitionner proprement les deux plans !

- Puis une transition en volet :

transition en volet en passant par after effects

Un homme est passé devant mon objectif, j’en ai profité pour faire un petit tour par After Effects pour faire un masque qui suive le mouvement du personnage et amène vers le plan suivant.

- Et une transition au blanc via un mur :

transition au blanc via un traveling

Comme si la caméra traversait le mur, le premier plan part en « travelling » vers le mur de droite, le plan suivant commence en « travelling » depuis le mur de gauche… Ça marche aussi de haut en bas ;)

Vous avez aussi la transition en flou de filet : un pano très rapide au reflex vous créera un flou de vitesse, faites un plan avec un filet en sortie, puis un plan avec un filet en entrée… Raccordez les deux avec un cut au montage : le tour est joué !

J’aime bien les vidéos où la caméra est smooth, le montage fluide, où le rythme plonge dans un univers sans à-coups, où l’on se permet des cassures de rythme pour ne pas ennuyer le spectateur mais où on invite son attention à ne pas se perdre dans une suite de coupes brutales en sautant du coq à l’âne. Les transitions léchées permettent de conduire le regard du spectateur.

Composition trop différente des plans > timing rapide > cut = épilepsie.

Alors je ne suis pas complètement contre la saccade, le punch, mais je suis contre le fouilli de rushs insensé.  Ca fait montage bâclé. Et pourtant ça m’arrive tellement souvent quand les temps de post-prod sont trop courts… Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Allez, un petit exercice vidéo rien que pour l’occasion :

En bref, tentez d’emmener vos spectateurs dans un parcours, cherchez de nouveaux points de vues et des transitions originales pour varier vos montages, surprenez-nous et sortez de temps à autre des ordinaires cuts et fondus ! L’internet est submergé de vidéos en tout genre, trouvez votre patte pour vous démarquer :)

En tout cas dans mes bonnes résolutions 2013, il y a « mieux soigner mes préparations de vidéos » !

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